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De retour à Santiago, en février 1936, il commence son apostolat parmi
les jeunes, en particulier au collège Saint Ignace et à l’Université
catholique. Mais il ne se limite pas au niveau académique. Plusieurs
fois par an, il prêche des retraites, non seulement aux jeunes, mais
aussi aux adultes, qu’il invitait à se rencontrer coeur à coeur avec le
Seigneur, pour rechercher sérieusement sa volonté. Une de ses phrases
est restée célèbre : " Tout chrétien doit aspirer à faire ce qu’il fait
comme le Christ le ferait à sa place ".
En 1941, il publia un livre resté fameux : Le Chili est-il un pays
catholique ?. Avec une clairvoyance, un optimisme et un courage
remarquables, il ouvre les yeux d’un grand nombre de catholiques sur la
réalité du catholicisme au Chili. Un des problèmes les plus graves,
écrivait-il, est le manque de vocations sacerdotales. À l’époque,
l’humanité connaissait de profondes transformations, des idéologies
totalitaires opposées se disputaient le monde, la seconde Guerre
Mondiale ensanglantait l’Europe. Le P.Hurtado, angoissé devant les
horreurs de cette guerre, cherche déjà comment reconstruire, avec le
Christ, le monde d’après-guerre.
Au début de cette même année, il est nommé aumônier diocésain de
l’Action catholique des Jeunes, ce qui étendit son apostolat aux élèves
des lycées publics, mais sa fécondité pastorale le fait nommer quelques
mois plus tard aumônier national de cette même branche de l’Action
catholique. Il parcourt le pays en organisant des groupes et prêchant
des retraites, non seulement aux jeunes mais également à leurs aumôniers.
C’était l’époque des grandes processions aux flambeaux : des milliers de
jeunes montaient jusqu’aux pieds de la statue de la Vierge sur la butte
San Cristobal qui domine Santiago. Il leur disait : " Si le Christ
descendait dans cette nuit pleine d’émotions, il répéterait en regardant
la ville : ‘J’ai pitié d’elle’ et, en vous regardant, il vous dirait
avec une infinie douceur : ‘Vous êtes la lumière du monde... C’est vous
qui devez illuminer ces ténèbres. Voulez-vous m’aider ? Voulez-vous être
mes apôtres ? ".
Mais son orientation n’est pas bien comprise, il commence à sentir qu’il
n’a plus la confiance de l’aumônier général. Les tensions et les
désaccords l’amènent à présenter sa démission en avril 1942, démission
qui n’est pas acceptée par les évêques chiliens.
Il continue donc son apostolat. En février 1943, il s’embarque pour le
région de Magellan pour y former l’A.C. dans la ville la plus australe
du monde ; il visite Puerto Natales, Porvenir et Punta Arenas. Cette
visite fut si féconde que les relations entre les autorités locales et
l’Église s’améliorèrent nettement et qu’un congrès eucharistique put s’y
célébrer peu après. Cependant les incompréhensions vis-à-vis de
l’orientation donnée à l’A.C. par le P.Hurtado se répètent au point que
finalement celui-ci présente sa démission sans appel, le 10 novembre
1944. Ce fut dur pour lui, car il attendait beaucoup de l’Action
catholique. De nombreux évêques, dont Mgr Caro, archevêque de Santiago,
l’appuyaient. L’opposition venait d’un ami, ancien compagnon
d’université, celui qui l’avait fait nommer. Cette situation amère,
qu’il accepta héroïquement, fut pour lui l’occasion de mûrir
spirituellement.
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